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Lutter contre la déforestation : EcoMakala

Le Parc National des Virunga, situé dans l'Est du Congo, sur la frontière avec le Rwanda et l'Ouganda, est le premier espace naturel d'Afrique à avoir reçu le statut de "Parc National". Le parc couvre presque 800 000 ha et est constitué de forêts tropicales, de savanes, de volcans et de chaînes de montagne. Il recèle un trésor de biodiversité et abrite entre autres le gorille de montagne.

Les menaces

Aux alentours du parc, la densité de population est énorme et elle est encore en croissance. Plus de 90% de cette population a besoin de charbon de bois pour pouvoir préparer à manger et se chauffer. Il n'y a cependant pas suffisamment de bois à brûler disponible. Les habitants se tournent donc vers les forêts protégées à l'intérieur du Parc National des Virunga. La coupe et la production de charbon de bois illégales sont pour une grande partie entre les mains de mouvements rebelles. Cela engendre une grande pression sur le parc. Entre 2002 et 2007, le prix d'un sac de 'makala' – charbon de bois en Swahili – a augmenté de 300%. Pour ceux qui se risquent à l'intérieur du parc pour aller chercher du charbon de bois – une tâche principalement réservée aux femmes – il existe un risque supplémentaire de viol.

Le projet EcoMakala du WWF se déroule dans la région de Goma, à la lisière du parc. Ce projet veut fournir à la population un charbon de bois alternatif, durable: l'EcoMakala.

Objectifs

  • Créer une alternative à la coupe et la production de charbon de bois illégales en mettant une source légale de charbon de bois sur le marché.
  • Renforcer les capacités des associations locales par la mise en place de plantations destinées à produire du charbon de bois et les soutenir pour qu'ils puissent travailler de façon indépendante.
  • Rassembler de nouvelles données et informations concernant les méthodes de reboisement.
  • Acquérir de l'expérience avec les mécanismes de flexibilité du marché du carbone liés au Protocole de Kyoto, pour la séquestration de carbone et la diminution de la déforestation (REDD – Reducing Emissions from Deforestation and forest Degradation).

Comment va-t-on y arriver?

  • Par le reboisement (lié aux plantations exploitables) de minimum 2000 ha en collaboration avec de petits paysans locaux;
  • En transformant le bois en charbon de bois de manière plus efficace;
  • En faisant en sorte que le charbon de bois arrive sur le marché et que les paysans puissent en tirer un prix raisonnable.

Sur le terrain

Le projet EcoMakala a débuté en 2007 et court encore jusqu'en 2012.

La situation aujourd'hui:

Le projet est actuellement dans sa phase de reboisement. Depuis ses débuts, 2000 ha de forêt ont été plantés. Les plantations exploitables ont été construites de manière à ce qu'une fois que les arbres sont suffisamment grands, 1/3 d'entre aux puisse continuellement être utilisé pour produire du charbon de bois. Ensuite, les arbres sont replantés. De cette manière, des arbres restent disponibles dans la plantation et la population ne doit pas se rabattre vers les arbres du parc.

Les premiers arbres peuvent être abattus après 4 ans. Le WWF est donc actuellement en pleine préparation de la deuxième phase du projet: la transformation du bois en makala (charbon de bois) et sa vente. Nous devons faire en sorte que le processus de transformation soit le plus efficace possible et que rien ne soit perdu. De plus, nous devons faire en sorte que le charbon de bois soit vendu au meilleur prix possible pour les paysans.

Le projet EcoMakala est particulièrement bien placé pour servir de projet pilote dans le cadre de la diminution de la déforestation. Nous parlons de REDD - ‘Reducing Emissions from Deforestation and forest Degradation’ – ou la diminution des émissions en réduisant la déforestation. Par la mise sur pied de plantations pour offrir une alternative aux forêts naturelles du parc national, EcoMakala participe à la diminution de la déforestation. On parle de REDD+ si le projet contribue également à la conservation, à la gestion durable des forêts et à la séquestration de carbone.

En septembre 2010, la Politique Scientifique Fédérale a accordé un financement pour intégrer des techniques d'observation de la Terre au projet. Dans le cadre des mécanismes du carbone, le WWF doit:

  • Prouver que les parcelles reboisées n'étaient pas des forêts entre 1990 (année de base de Kyoto) et le début du projet;
  • Prouver que les champs reboisés sont effectivement sur pied;
  • Et calculer la quantité de carbone stockée dans les parcelles.

Cela sera fait à l'aide des images satellites actuelles qui seront comparées avec les images d'avant 1990, et en développant une méthodologie qui combine les technologies optiques et radars. Pour ce faire, le WWF collabore avec les universités ULB et UCL.

+ Fiche projet Moreca [pdf en angais]

Qui participe?

Le WWF n'est pas seul dans ce projet. Nous travaillons sur le terrain avec des associations et des ONG locales. De plus, EcoMakala peut compter sur l'aide financière de la Commission européenne, du WWF-Belgique et de l'IFDC (International Fertiliser Developement Center).

Montant: € 2.403.616 dont €1.790.000 de l'Union européenne et € 613 616 du WWF-Belgique.

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