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La disparition de plantes et d’animaux menace aussi les hommes
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Sonnette d'alarme:

vendredi 16 mai 2008

Gland, Suisse – le 15 mai 2008 – Si nous continuons à détruire l’environnement, les générations futures devront faire face à la faim, à la soif, aux maladies et aux désastres.

Le WWF, l’organisation mondiale de protection de l’environnement, pousse ce cri d’alarme à l’occasion du lancement de son rapport 2010 and Beyond: Rising to the Biodiversity Challenge qui présente les dernières données de l’indice Planète Vivante. Cet indice, internationalement reconnu, montre que le nombre d’espèces de plantes et d’animaux est en constante diminution.

Il est plus que temps de réagir car pour maintenir notre sécurité et notre qualité de vie, nous avons besoin de nourriture, d’eau, de médicaments et de protection contre les catastrophes naturelles. Or tous ces ingrédients nous sont fournis par notre environnement. Il est donc primordial de protéger les espèces, les habitats naturels et les écosystèmes qui les englobent. En 2002, les gouvernements du monde entier se sont fixé des objectifs précis à l’horizon 2010 pour réduire la vitesse de la perte de biodiversité. Malheureusement, le rapport du WWF révèle que ces objectifs ne sont pas près d’être atteints.  

Entre 1970 et 2005, l’Indice Planète Vivante a diminué de 27%. Plusieurs phénomènes en sont la cause : d’une part, la perte, le bouleversement ou le morcellement des habitats, principalement au profit de l’agriculture ; d’autre part, la surexploitation des espèces, surtout par la pêche. La pollution, la profusion d’espèces invasives et le changement climatique ont également joué un rôle dans la perte de biodiversité. Ces menaces sont une conséquence directe de la pression que les hommes exercent sur la planète. En effet, pour notre consommation de nourriture, d’énergie, de vêtements…et pour absorber les déchets que nous produisons, nous puisons dans les ressources naturelles de la planète. En construisant des villages, des villes et différentes infrastructures, les hommes bouleversent les écosystèmes. Et plus l’économie et la population mondiale continueront à augmenter, plus les pressions sur la biodiversité seront importantes.

«  La biodiversité reflète la bonne santé de la planète et influe directement sur notre vie. En d’autres mots, si la biodiversité continue à diminuer, des millions de personnes vivront avec des ressources en nourriture plus fragiles face aux maladies et aux nuisibles et des ressources en eau irrégulières voire insuffisantes, » explique James Leape, Directeur général du WWF-International.

« Personne ne peut échapper aux conséquences de la perte de biodiversité car cette perte signifie clairement que nous auront moins de nouveaux médicaments et que nous seront plus vulnérables face aux catastrophes naturelles et aux conséquences du changement climatique. »

Quelques exemples parmi d’autres :
- Pour nourrir la population mondiale, nous devons disposer de plantes qui peuvent résister aux maladies et au changement climatique. En cela, les plantes qui existent dans la nature représentent  une réserve de gènes inestimable.
- Pour 500 millions de personnes le poisson est l’unique source de protéine. Cependant, plus de 50% des stocks de poissons à travers le monde sont totalement surexploités et 25% d’entre peux ne sont plus viables.
- D’ici 2030, quasiment la moitié de la population mondiale manquera d’eau potable, sans parler des conséquences pour la santé.
- En 2002-2003, 4/5e des nouveaux médicaments étaient issus de produits naturels. Si la biodiversité continue à régresser, nous diminuons nos chances de découvrir de nouveaux médicaments ou traitements.
- Pour finir, les espaces naturels nous protègent des conséquences des catastrophes naturelles. Les forêts et les zones humides jouent un rôle crucial dans la prévention d’inondations et de glissements de terrain. Les mangroves et les récifs de corail protègent les rivages côtiers contre les fortes tempêtes.

A l’occasion de la 9e conférence des Parties de la Convention sur la Biodiversité qui se tient à Bonn, du 19 au 30 mai prochain, le WWF demande aux gouvernements de faire de la protection et de l’utilisation durable de la biodiversité une priorité politique. Le autorités doivent :
- développer des stratégies communes entre l’environnement, l’agriculture, l’alimentation, l’eau, les finances et la santé de manière à pouvoir prendre les mesures nécessaires pour réduire le taux de diminution de biodiversité d’ici 2010.
- tenir leurs engagements et mettre en place des systèmes efficaces d’aires protégées, tout en impliquant effectivement les communautés locales et en assurant l’équité et le partage des bénéfices
- adopter un objectif concret pour arrêter la déforestation nette d’ici 2020
- initier une collaboration entre la Convention sur la biodiversité et la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dues à la déforestation et à la dégradation des espaces naturels.

Le Directeur de la stratégie au WWF-International, Gordon Shepherd, ajoute : « Ce n’est pas un scoop. Si les gouvernements n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs en matière de biodiversité, c’est parce qu’ils n’ont pas fourni les ressources financières et techniques adéquates et n’ont pas réussi à développer des incitateurs économiques ainsi que d’autres mesures nécessaires pour préserver la biodiversité. Tous les ministres concernés doivent faire de la sauvegarde de la biodiversité une priorité et travailler de concert dans les domaines du développement, des finances, de l’agriculture, de la pêche et du climat.


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