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jeudi 24 septembre 2009
Bruxelles, le 24 septembre 2009 – Le vendredi 25 septembre 2009, c’est l’Overshoot Day : le jour où nous avons consommé toutes les ressources naturelles que la Terre a à nous offrir pour l’année 2009. Dès demain et jusque la fin de l’année, pour maintenir notre style de vie, nous puiserons dans les réserves de la Terre. C’est le constat du Global Footprint Network (GFN), une organisation (dont le WWF-Belgique est membre) qui mesure les ressources naturelles dont nous disposons et ce que nous consommons.
Les dépenses sont plus élevées que les revenus
« On peut comparer cette situation à celle de quelqu’un qui dépense plus que ce qu’il ne gagne. A un moment donné, cette personne doit nécessairement puiser dans ses économies pour pouvoir maintenir son style de vie. Cela dure un temps, puis ses économies sont épuisées et les problèmes commencent, » explique Mathis Wackernagel, le président de GFN. « C’est exactement ce que nous faisons avec la nature. Depuis longtemps déjà, notre demande pour les ressources naturelles ne cesse d’augmenter, et c’est toujours le cas. Les conséquences de cette situation - le changement climatique, la perte de biodiversité, les forêts qui disparaissent, les océans qui se vident de leurs poissons, … - sont évidentes. »
80 jours avant Copenhague
L’Overshoot Day tombe 80 jours avant que les dirigeants de la planète ne se réunissent, à Copenhague, pour négocier un accord sur le changement climatique, qui est la conséquence la plus importante de notre surconsommation des ressources naturelles. Depuis 1961, la surface nécessaire pour absorber le CO2 que nous produisons a augmenté de 1000 %. Nous rejetons aujourd’hui dans l’atmosphère bien plus de gaz à effet de serre que la nature ne peut absorber. C’est la raison pour laquelle ces gaz restent dans l’atmosphère, un phénomène qui entraine le changement climatique.
La récession économique a probablement une influence négligeable
La date de l’Overshoot Day est une estimation basée sur une projection des données disponibles actuellement, c’est-à-dire jusqu’en 2006. Cette année, l’estimation tient compte de la récession économique. A cause de la crise économique, l’Overshoot Day tombe deux jours plus tard que l’année passée. Par comparaison, les années précédentes, l’Overshoot Day est tombé, chaque année, quatre ou six jours plus tôt que l’année précédente. En ce moment, on ne dispose pas de chiffres suffisamment précis pour pouvoir estimer les conséquences réelles de la récession.
Le PNB n’est pas l’unique indicateur
« Même si nous prenons en compte les effets potentiels d’une mauvaise conjoncture économique, nous avons toujours un énorme déficit dans notre budget. Nous consommons trop », explique Geoffroy Deschutter, directeur des programmes au WWF-Belgique. « Le défi est d’assurer le bien-être pour tous de manière durable, c’est-à-dire dans les limites de notre planète. La question est la suivante : comment créer une économie saine et un bien-être suffisant sans épuiser la nature et sans que nos émissions de CO2 ne s’accumulent dans l’atmosphère ? C’est le défi du 21e siècle. »
Et pour y parvenir, nous ne devons pas seulement considérer la croissance économique et le PNB. La croissance économique ne suffit pas, à elle seule, à garantir le bien-être. A côté du PNB, nous devons prendre en compte des indicateurs sociaux et environnementaux.
L’action est nécessaire
Il semble dès lors essentiel qu’un accord sur le climat soit conclu à Copenhague mais aussi que les pays, les villes, les entreprises et les organisations adoptent des mesures pour limiter les émissions de CO2 et pour augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources naturelles. Si nous dépendons moins des combustibles fossiles et privilégions les énergies durables, nous faisons un pas dans la bonne direction. Ensuite, nous devons choisir des infrastructures efficaces. Pour que les routes, les centrales énergétiques, les maisons et autres infrastructures que nous construisons actuellement continuent d’exister 50 ou100 ans. Si nous faisons les mauvais choix, nous nous trouverons coincés pour des dizaines d’années à venir dans un scénario dans lequel nous serons très dépendants des matières premières, ce qui comporte un risque tant du point de vue écologique que du point de vue économique et politique.
