Changement climatique:
vendredi 11 décembre 2009
Sam Van den Plas, expert climat du WWF-Belgique est présent dans la délégation belge à Copenhague. Retrouvez-le chaque jour pour sa chronique quotidienne.Le changement climatique est un problème global, la planète a besoin d'une solution globale, et le WWF a pris une initiative globale pour trouver cette solution.
C'est fascinant de faire partie de l'équipe internationale du WWF présente ici à Copenhague. Nos responsables de campagnes du monde entier se retrouvent ici, comme un miroir de la diversité des cultures qui se retrouvent également dans les négociations. Nous sommes plus d'une centaine à nous battre, ensemble, pour le succès de ce sommet. Nous sommes tous unis dans notre objectif de protéger l'homme et la nature des conséquences du changement climatique. Certains membres de l'équipe WWF à Copenhague viennent de petits états insulaires, comme les Fidji ou Kiribati. Le changement climatique, il le regarde chaque jour droit dans les yeux vu que qu'il menace sérieusement la survie de leur mère patrie. Cela donne une image claire de l'engagement avec lequel ils se battent.
Tuvalu est un autre état insulaire menacé par l'augmentation du niveau des mers, et c'est un des défenseurs les plus virulents d'un accord ambitieux pour le climat. Hier, ce petit pays a utilisé de grands mots pour insister sur la nécessité d'avoir une discussion sur une proposition destinée à garantir sa survie. C'est une proposition forte, qui prévoit des réductions d'émissions et qui mise sur un accord légalement contraignant. Malheureusement, la réunion plénière n'a pas réussi à se mettre d'accord sur le fait de savoir s'il fallait discuter cette proposition et comment le faire, et a donc été temporairement arrêtée.
A l'extérieur de la salle plénière, spontanément, de nombreuses personnes se sont rassemblées pour soutenir les habitants de ces états insulaires. Un moment très émouvant pour les responsables WWF et les membres des délégations de ces pays. Tuvalu symbolise tout l'enjeu de ce sommet et sa proposition fait preuve de l'ambition dont nous avons besoin. Cette protestation rappelle donc aux négociateurs de se concentrer sur l'essentiel.
A part cet événement, les différents groupes de travail ont continué à travailler. Des textes sont produits pendant la nuit pour corriger des versions précédentes longues et parfois négligentes. L'esprit constructif des jours passés continue de planer dans l'air. Il faut espérer que cela continue, mais il y aura forcément des points sur lesquels les négociateurs vont s'enliser et qu'il faudra passer aux ministres, qui commencent à arriver ce week-end. A partir de ce moment, les dossiers clés - comme les objectifs de réduction et le financement pour les pays en développement - devront trouver des solutions, car les propositions actuellement sur la table sont insuffisantes. Le président soudanais du groupe G77 a insisté fortement sur la nécessité d'un financement à long terme pour les pays en développement afin qu'ils puissent s'adapter au chaos climatique. Il a critiqué fermement la proposition à court terme des pays plus riches de fournir 10 milliards de dollars par an, ce qu'il considère étant comme largement insuffisant. "Si le changement climatique est la plus grande menace contre l'humanité, comment expliquez-vous que vous vous limitez à 10 milliards de dollars ? Dix milliards, ce n'est même pas assez pour payer les cercueils de nos citoyens !" a-t'il déclaré !
Maintenant, Copenhague attend un signal de l'Europe. L'Europe doit adopter une position forte lors du Conseil européen qui se tient en cette fin de cette semaine à Bruxelles. Le WWF, avec d'autres ONG et des syndicats, a demandé aujourd'hui au gouvernement belge d'écouter l'appel des 15.000 participants à la "vague pour le climat" qui s'est déroulée samedi passé à Bruxelles. L'Europe doit abandonner son objectif de 20% de réduction des émissions et demander plus. Nos calculs montrent que cet objectif sera de toute façon atteint, donc le WWF demande que la Belgique vise de réelles réductions et plaide pour un objectif de 40% au niveau européen. C'est la deuxième fois que je me demande dans ces chroniques ce que M. Leterme attend. Se poser la question, c'est déjà y répondre.
42% serait évidemment encore mieux comme objectif pour l'Europe et les autres pays industrialisés. C'est l'objectif proposé par l'Écosse depuis deux mois. Aujourd'hui, les experts du WWF-Écosse sont arrivés, et ils ne sont pas venus les mains vides : ils ont apporté du Single Malt Scotch Whisky à Copenhague, 42° ! Whisky signifie « eau vive », et s'il peut aider à lever le niveau d'ambition, nous partagerons avec plaisir un petit verre avec les membres des délégations.
Ambition quand tu nous tiens
