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Espèces menacées

L’okapi redécouvert dans l’est du Congo

vendredi 9 juin 2006

L’okapi, le plus proche parent connu de la girafe, vient d’être redécouvert dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). C’est la première fois que la présence de cette espèce a pu être confirmée depuis 1959, date à laquelle avaient été effectuées les dernières observations officielles.

Cette redécouverte a eu lieu durant une opération de recensement global menée récemment par le WWF et son partenaire gouvernemental congolais, l’ICCN (Institut congolais pour la conservation de la nature).

L’okapi, une espèce rare et menacée, ne vit nulle part ailleurs au monde que dans les forêts primaires matures de l’est de la RDC. L’essentiel de la population se trouve dans la forêt de l’Ituri, dont un cinquième environ est inclus dans la Réserve des Okapis d’Epulu (du nom d’un village situé au centre de cette réserve couvrant près d’1,5 million d’hectares, où se trouve une station d’élevage de l’okapi). Mais dans le passé, l’espèce était également connue plus à l’est, dans les forêts qui s’étendent dans la vallée de la Semliki. Une partie de ces forêts est actuellement intégrée dans le Parc national des Virunga, créé en 1925 et qui a été élevé au rang de Site du patrimoine de l’humanité par l’UNESCO.

L’équipe chargée du recensement était également composée de membres de l’association américaine Gillman International Conservation. Des pisteurs pygmées appartenant aux ethnies Bambabuti et Batwa, et qui sont très habiles à identifier les indices de présence de l’okapi, avaient été engagés pour accompagner les scientifiques. Le but du recensement était de déterminer l’état de la forêt de même que le statut d’espèces protégées comme les éléphants et les chimpanzés. A sa grande surprise, l’équipe de terrain découvrit 17 traces d’okapis, dont des empreintes dans la boue, des excréments et de la végétation broutée par ces animaux. Elle put également confirmer la présence du bongo, une grande antilope forestière rare qui, tout comme l’okapi, n’avait plus été signalée dans la région depuis près d’un demi-siècle.

Les zones du Parc national des Virunga situées en plaine ont servi de repaires pour différents groupes rebelles au cours des vingt dernières années, ce qui a empêché l’ICCN d’y effectuer des patrouilles régulières. La nature difficile du terrain a heureusement empêché l’exploitation forestière illégale et l’installation d’agriculteurs en quête de terres. C’est, selon le WWF, ce qui explique pourquoi des espèces rares ont pu survivre jusqu’à nos jours sans être remarquées.

« La redécouverte de l’okapi dans le Parc national des Virunga après cinquante ans est un signe très positif. A l’heure où la paix revient progressivement en RDC, les sites protégés redeviennent des sanctuaires pour la faune sauvage menacée dans cette région trop longtemps ravagée par des troubles incessants », a déclaré Marc Languy, du programme régional du WWF en Afrique de l’Est. « Des espèces prestigieuses ont survécu aux périodes de trouble, mais il reste beaucoup à faire pour les sauvegarder ».

Le WWF et l’ICCN collaborent avec les communautés locales depuis 1987 dans le Parc national des Virunga, en dépit des de l’insécurité permanente qui a régné dans cette région. Parmi les activités de conservation menées avec les populations locales, on peut citer la participation volontaire des villageois à la démarcation des limites du parc national, l’évacuation pacifique d’immigrants installés illégalement dans le parc national, le développement de projets communautaires d’agro-sylviculture et l’éducation à l’environnement.

Le WWF reste cependant très préoccupé par les nombreuses activités illégales qui continuent à l’intérieur des limites du parc, de même que par les appels lancés par des politiciens locaux invitant les agriculteurs à s’installer dans la zone protégée.

« L’okapi est l’animal national de la RDC : sa survie dans les Virunga est un encouragement pour les gardes du parc national qui ont traversé des périodes particulièrement difficiles. C’est également un hommage à leur dévouement légendaire », a ajouté Norbert Mushenzi, le conservateur en chef de l’ICCN chargé de la zone des Virunga dans laquelle a été effectuée la redécouverte de l’okapi. « L’ICCN a besoin du soutien continu de ses partenaires et des populations locales afin de mettre fin à toutes les activités illégales qui affectent le parc et protéger la forêt et la faune pour les générations à venir ».

Le WWF demande instamment au gouvernement de la RDC de prendre toutes les mesures appropriées pour assurer la protection à long terme du Parc national des Virunga. Faute de quoi, le « retour » de l’okapi ne pourrait être qu’un simple sursis…


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