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Le WWF sonne l’alarme : menace de déforestation à grande échelle au Brésil mardi 15 novembre 2011 Un coup fatal risque d’être porté à la forêt amazonienne, le “poumon” de notre planète. Une réforme de la réglementation forestière au Brésil est en train d’être mise en place, qui menace le travail de protection des forêts qui a été mené depuis de nombreuses années et qui mènera à une augmentation dramatique de la déforestation. Cela aura des conséquences néfastes pour l’économie locale, la biodiversité et le changement climatique. WWF et le secteur environnemental sonnent l’alarme. Jusqu’il y a peu, le Brésil était vu comme un pays modèle en termes de réduction de la déforestation sur son territoire, grâce à une réglementation forestière appropriée et des contrôles forts quant au respect de cette réglementation. Le Brésil a développé sur son territoire un vaste réseau de zones protégées qui fournissent une protection significative pour l’Amazonie. Pas moins de 70 % des zones protégées terrestres dans le monde se trouvent au Brésil. Ces derniers mois, la tendance s’est complètement inversée – l’Institut National brésilien pour la Recherche Spatiale (INPE) a découvert que des dizaines de nouvelles zones déboisées sont apparues. Une perte énorme La nouvelle loi serait une menace pour les forêts, car elle permettrait l'exploitation forestière de zones protégées et autoriserait de nouveaux permis d'utilisation des terres. Elle permettrait également la déforestation dans des zones où l’on trouve des ressources en eau, dans les mangroves, dans les dunes, etc. Cette nouvelle loi pourrait mener à une énorme perte de biodiversité (notamment au niveau des populations de poissons) et à une perte de qualité en eau, ainsi qu’à une perte de différentes sources de nourriture. La nouvelle loi annulerait les amendes pour la déforestation illégale et enlèverait toute obligation pour ceux qui pratiquent la déforestation de remettre en état les zones dévastées. Aussi grande que l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche réunies Concrètement, il s’agit d’une zone aussi grande que l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche réunies qui est menacée de disparaître sous les haches – cela représente une énorme surface de 71 à 76 millions d’hectares. Malgré l'opposition de nombreux groupes de la société civile, dont le WWF, la loi déjà été adoptée par une large majorité au parlement brésilien. La répression forte à laquelle se sont heurtés des étudiants manifestants montre qu’on est à présent dans une situation de crise face à ce sujet. Des dizaines d'étudiants qui ont manifesté pacifiquement contre le vote le 8 novembre ont été battus et emmenés par la police. Le fait que la proposition de loi passe facilement à travers les différents organes législatifs est à imputer à la pression forte qu’exercent les lobbies des grands propriétaires terriens brésiliens, aux méthodes de culture et d’élevage archaïques. Le texte se trouve à présent au sénat, où deux des trois comités l’ont déjà approuvé. Maintenant vont suivre le vote du dernier comité, suivi du vote final en session plénière. Si la proposition de loi est approuvée au parlement et au sénat, seul un véto de la présidente Dilma Rousseff peut encore stopper le processus. Pour Kenzo Jucá, analyste des affaires publiques au WWF-Brésil, la manière dont les autorités réagissent est symptomatique de toutes les discussions sur la réglementation forestière : “Les propositions de changement du texte demandées par les scientifiques, les chercheurs, les étudiants, les agriculteurs respectueux de leur environnement et les mouvements sociaux ont toutes été rejetées par le parlement et le sénat. Quand la société civile proteste, nous voyons que cela mène à des comportements barbares de la part des autorités à l’encontre des manifestants”. Les efforts de Kyoto anéantis L’approbation de la réforme de la réglementation forestière met en danger la réalisation par le Brésil de 2/3 de ses réductions d’émission de CO2. Ce qui veut dire que 26 à 29 milliards de tonnes supplémentaires de CO2 pourront être émis. En d’autres termes, cela représente 4 fois l’objectif global de réductions de gaz à effet de serre sous le protocole de Kyoto entre 2008 et 2012. Les politiciens européens doivent réagir Il est encore possible de stopper la réforme de la réglementation forestière au Brésil. Sabien Leemans, experte sur la thématique “forêt” au WWF-Belgique: "WWF demande aux leaders politiques européens et du monde entier d’exprimer leur préoccupation à la présidente Dilma Rousseff. A la lumière du sommet mondial sur le développement durable qui se tiendra au Brésil, à Rio, en juin 2012 (Rio+20), le Brésil ne peut pas se permettre ce grand pas en arrière quant à la préservation de ce patrimoine forestier inestimable”. |